Origine
du nom du village
Le nom du village pourrait provenir soit du nom d’un lieu de plantation, Germiniacum, soit d’un Germinacus qui aurait possédé la terre à l’époque gallo-romaine ou encore d’un Germinu Vicus, ou bien du domaine de Germinius, auquel aurait été accolé le mot l’Evêque, dés le VII ème siècle, par référence aux Evêques Meldois, et pour bien distinguer notre Germigny de Germigny sous Coulomb.
En 1365, on trouve des écrits qui mentionnent indifféremment Germigny sur Marne ou Germigny l’Evêque.
De meme, dans le relevé d’une délibération du conseil municipal du 5 mai 1793 :
" Cejourd’hui, cinq Mai Mille sept cent quatre vingt treize, en l’assemblée de la commune dûment convoquée, le voeu des citoyens présents consultés: ils ont d’un voeu unanime arrêté que le nom de la commune sera dorénavant " GERMIGNI SUR MARNE " et ont signé : Pauchot, Didier Claudin, Hentyanval, Boitel, Jean Depost, Dumont, François Gallois, Paquier. "
La " vox populi " n’a rien changé à ses habitudes et a continué à l’appeler GERMIGNY L’EVEQUE.
Germigny, il y a fort longtemps ...
Le petit village de Germigny l’Evêque, situé sur la rive gauche de la Marne, à huit kilomètres de Meaux, a été, depuis toujours, possédé par les évêques de ce diocèse. Il ne serait pas téméraire d’avancer que cette propriété leur appartenait déjà sous les rois Mérovingiens. La paroisse était, avec celle d’ Etrépilly, de Varreddes et de Villenoy l’une des « quatre filles » de l‘Evêché de Meaux. Elle serait passée du comte de Meaux Hagneric à son fils Saint Faron qui, plus tard, évêque de meaux de 626 à 672, la laissa à son église pour en augmenter l’apanage. Ainsi, ce grand Saint- Faron, Saint -Hildever, Saint-Pathus, Saint-Ebregisil et Saint-Gilbert, pour ne citer que les évêques canonisés étaient seigneurs temporels de Germigny.
Il est à noter qu’une relique de Saint-Faron est exposée à la gauche de l’autel de l’église du village.
Les Normands :
- Entre 862 et 867, les vikings ou hommes du nord que l’on appellera plus tard les normands, remontent le cours de la Marne, atteignent Meaux et mettent à sac la ville.
- En 887 et 891, nouvelle invasion. Un lieu dit - le fonds des normands - situé prés de la ferme de Rézel, semble at-tester que ceux-ci aient ravagé le pays tout le long de la Marne, donc Germigny.
- En 1207, il est fait mention d’un château délabré qui fut remis en état par les évêques.
Au XIV siècle :
Les évêques abolirent le servage, mais les habitants devaient leur verser une redevance.
Ils instituèrent un maire-juge.
En 1661 :
Le seigneur Dominique de Ligny fit raser l’ancienne église et construire l’actuelle.
Il fit édifier un château et agrandir les jardins de plaisance.
Le 10 septembre1793 :
L’église brûla.
En 1832 :
Une épidémie de Choléra frappa le village : il y eut 48 morts.
En 1883 :
On construit le pont reliant Varreddes à Germigny.
Certains visiteurs célèbres de Germigny
- La Reine Blanche de Castille fit donation des usages dans les bois aux habitants de la paroisse.
- Saint Louis, son fils, y séjourna comme en témoignent divers diplômes royaux signés à Germigny en 1253.
- Philippe le Bel y est venu en Mai 1305 et Aout 1309.
- Philippe le Long data des ordonnances de Germigny en 1319.
- En 1362, Jean le Bon y venait chasser. Son fils, Philippe le Hardi reçu dans ce château le Duché de Bourgogne, en 1363.
La vie des paysans au XIVème siècle
Le servage ayant été aboli dans les paroisses filles de l’évêché, les hommes de Germigny étaient affranchis, mais en revanche ils devaient une taille ( impôt ) au seigneur plus huit journées de corvées, des animaux qu’on attelait à la charrue et une journée d’homme en carême pour travailler au clos de l’évêque.
Le maire, juge placé par le seigneur pour rendre la justice en son nom, était le seul dispensé de ces corvées.
Germigny
au début du 20ème siècle
Le
village comptait 293 habitants en 1900 et 236 en 1920.
II y avait de nombreux
commerçants et artisans :
- une auberge-épicerie-mercerie-draperie,
- quatre hôtels-restaurants, dont deux faisaient épicerie et un bureau
de tabac,
- un boucher charcutier,
- un charron,
- deux coquetiers,
- un cordonnier,
- un ébéniste,
- un maçon,
-
un marchand de bois et charbon,
- un maréchal ferrand serrurier,
- deux menuisiers,
- un marchand de nouveautés et draperies,
-
un fabricant de porte-monnaie.
Vers 1912, il
s'y ajoute un bureau de poste auxiliaire et une cabine téléphonique.
La guerre 1914-1918
Germigny,
de par sa situation géographique ne s'est pas trouvé sur un axe
de pénétration des armées allemandes.
Le mardi 1er septembre 1914, vers 17 heures, première arrivée
de réfugiés belges venant de la région de Namur ; en tout
une vingtaine de voitures chargées d'une partie de leur mobilier. Au dire
de ces gens, les allemands sont encore loin. Mais vers 19 heures, des gens de
Crépy en Valois s'arrêtent à leur tour : ils sont porteurs
de mauvaises nouvelles. L'armée française bat en retraite. L'instituteur,
Mr Ourry, songe à sauver des archives en les enterrant dans le cimetière.
Dans la nuit vers 3 heures, les gens de Varreddes traversent le pont et prennent
la route de Trilport.
Le mercredi 2 septembre,
vers 7 heures, les gens de Germigny les suivent en espérant prendre un
train à Trilport. Les fermiers partent avec leurs chariots, 60 vaches et
30 chevaux. Ils s'arrêteront àla CelIe sur Morin.
II reste dans
Ie village 17 personnes sur une population de 230 habitants.
Dans l'après-midi,
des troupes anglaises traversent Ie pont et des canons sont mis en batterie sur
la terrasse de Monsieur Blacque, maire du village, resté à Paris. D’autres pièces sont installées dans la propriété de Monsieur Thiébaux.

Le vendredi 4 septembre, vers 8h30, Mme Fleury entend des chevaux
dans la rue : c'est une patrouille de Uhlans (cavaliers allemands). Apparemment,
les anglais ont battu en retraite sans combattre. Cette patrouille de Uhlans s'arrête
au corps de garde. IIs trouvent une échelle, scient un poteau téléphonique
et s'en servent comme d'un bélier pour ouvrir les maisons et les piller.
Un officier entre chez Mme Fleury et s’exprimant en français, réclame un thé et des oeufs à la coque !
Les troupes se font de plus en plus nombreuses, venant de Varreddes, se dirigeant vers Trilport. Il est 14h. M. et Mme Fleury, M. et Mme Toupry, M. et Mme Bergeron, Mme Mercier et son fils décident de s’éloigner du village. Après avoir entassé dans une brouette des pommes de terre et des couvertures, ils se dirigent vers l’allée de la Pierre jusqu’à la carrière de M. Léger, à environ 1500 mètres du village. Ils en font leur gîte avec de la paille prélevée aux meules voisines. Jusqu’au lundi matin, ils resteront dans cette carrière, les hommes cependant retournent chaque jour au village chercher du ravitaillement. Les occupants les laissent tranquilles.
Le samedi 5, la bataille éclate sur le plateau d'Iverny. A Germigny,
Ies allemands ont crénelé tout Ie mur de Ia propriété
de Mr Thiebaux ; Les batteries lourdes sont installées dans Ie bas de la
côte à Mallet.
Le dimanche 6
(début de la contre-attaque française) la bataille s'est rapprochée.
Les troupes stationnées dans Ie village prennent part à la lutte.
Des obus tombent sur Germigny.
Un groupe de prisonniers civils (8 environ)
sont enfermés avec une quarantaine de prisonniers militaires, tout d'abord
à Varreddes, mais les obus pleuvent nombreux ; les gardiens craignant
pour eux-même font reprendre au convoi la route de Germigny.
Tout autour
d'eux, les rafales d'obus viennent labourer Ie terrain. Les prisonniers arrivent
au pont sous la mitraille. On les enferme dans la boucherie Verdez sans boire
ni manger. Ils repartent peu après et ceux qui purent résister au
martyr de la route devront passer de longs mois en captivité en Allemagne.
C'est
également Ie dimanche 6 dans I'après-midi que Ia ferme de Mr Blacque,
occupée par Ie commandement d'une compagnie, fut incendiée, certainement
par I'explosion d'un obus.
Le mardi 8,
les allemands plient bagage, emportant tout Ie matériel.
Dans la soirée,
vers 19 heures, une fusillade éclate durant 20 mn entre allemands et français.
Le calme se rétablit puis tout d'un coup, une détonation formidable
éclate : c'est l'arche centrale du pont qui vient de sauter.
La nuit
est tombée, plus de bruit. Des cadavres jonchent le sol.
Le village
est libre mais dans quel état. Ce qui frappe tout d'abord, c'est l'aspect
des rues, des choses de toutes sortes : de la paille, des meubles, des matelas,
des cadavres, des débris d'animaux, des équipements militaires,
des armes, et surtout et partout des bouteilles vides. Les maisons ont été
pillées.
Cinq tombereaux et deux mois de travail furent nécessaires
pour remettre les choses en état.
La
guerre 1939-1945
Dès les premiers jours
de la mobilisation, en septembre 1939, les soldats français sont dans Ie
village, occupent Ies maisons de plaisance qui sont délaissées par
leur propriétaire. Les chevaux sont parqués dans Ie vaste enclos
de l'ancien château des évêques de Meaux.
Tout se passe
dans le meilleur optimisme jusqu'en avril 1940 où ils voient miner le pont.
Ainsi, après le 26 mai, le pont sera gardé, et des laissez-passer
seront exigés.
L'exode :
Le
10 juin 1940, les familles de Germigny qui étaient encore au village reçoivent
l'ordre d'évacuer. Par leurs propres moyens, ils rejoignent Villecerf,
lieu qui leur était conseillé.
Les habitants de Varreddes qui
traversent Germigny à 19 heures, ce jour là, ne trouvent plus une
âme.
On suppose que ce sont les 11 et 12 juin que Germigny fut pillé.
C'est
après le 13, en regagnant leur village, qu'ils apprennent le combat meurtrier
suivant :
L'action du 13 juin 1940
:
Le 13 juin 1940, vers 3 heures, Ie chef de bataillon reçoit, l'ordre
de se replier vers la Marne et vers Germigny.
A 11h30, les soldats français
sont entre Trilport et le village.
Côté Germigny, deux arches
du pont sont dynamitées le 13 juin 1940 à 13 heures.
La troisième
arche est aussi touchée par la violence de la détonation.
Plus
tard, les allemands occupant Varreddes établiront une passerelle en bois.
A
15 heures, les soldats allemands passent la Marne et sont à Germigny.
Après
de violents bombardements d'artillerie ennemie, quelques tués et de nombreux
blessés, l'ennemi se dirige sur Trilport.
Bilan : 19 morts pour les
Français et 1 pour les Allemands !
Nous
ne savons pas grand chose sur la libération de Germigny, Ie village étant
en retrait des grandes voies de communication. On pense que les libérateurs
américains traversèrent Ie village un matin avec quelques chars.
Aujourd’hui, le château
La résidence de campagne des évêques, qui appréciaient fort le site de Germigny, existe depuis l’évêque Saint Faron.
Une charte rédigée en juillet 1197 indique la présence d’une grande maison appartenant à l’évêque Anceau. A sa mort en 1207, ses successeurs négligèrent cette maison de campagne qui se délabra au fil des années.
Aux XIIIème et XIVème siècle, le manoir remis en état vit s’arrêter des rois : Saint Louis en 1253, Philippe le Bel en 1305, Philippe le Long en 1319, Jean le bon en 1361, Philippe le Hardi en 1363.
Le manoir des évêques, en dépit de ses tourelles et de ses murailles qui lui donnait un aspect féodal du côté du village et des bois, était peu propre à la défense.
En 1426, l’hôtel est en ruine et les terres en friche. Pendant une longue période, les évêques ne purent résider dans leur maison de campagne. Louis de Melun la fréquenta davantage, Guillaume Briçonnet, installé en 1516, fit exécuter des réparations à sa maison.
Il est certain que c’est sous l’épiscopat de Dominique de Ligny que la maison de campagne devint un véritable château. Il y dépensa plus de 500 000 écus.
Quand les travaux furent terminés, on pouvait voir du milieu de la cour, le bâtiment de face, une tourelle de chaque côté et deux ailes importantes. Le tout était agrémenté de plusieurs allées plantées d’arbres, dont une terrasse le long de la Marne, qui est d’ailleurs toujours visible, ainsi que douze rangées de tilleuls du kiosque jusqu’à la place.
La maison comprenait au dessus du rez de chaussée, un entresol et deux étages avec toiture à la mansard. Deux pavillons lui étaient accolés. La maison avait grand air, précédée d’une cour et d’une avant cour, fermée d’une grille en fer forgé vers laquelle convergeaient trois avenues.
Au court des XVIIème XVIIIème siècle, ses successeurs, Jacques-Bégnine Bossuet, le cardinal de Bissy, Monsieur de Polignac, ne se plaisaient pas moins dans cette résidence villageoise. Ce dernier entreprit même de reconstruire les bâtiments avec plus d’élégance. On démolit donc, et quand la révolution éclata, une aile seulement du château neuf était à peu près achevée. Les chantiers furent abandonnés et on laissa sur place les matériaux. Le 17 mars 1793 la propriété confisquée fut vendue comme bien national, ainsi que toutes les dépendances.
Pendant les années 1792 et 1793, de nombreuses déprédations sont causées au château. Un négociant de Paris, Jacques Rouveau, le rachète. Depuis il est morcelé à plusieurs reprises, passant en possession des familles Menager, Gallois, Billard et Durant.
En 1830, la propriété fut divisée. Il ne resta plus que deux tourelles, un reste de galerie, un kiosque, le colombier, les terrasses et les jardins.
Aujourd’hui, du square Niemens ( la Palée ), en longeant la Marne, on peut voir l’allée de tilleuls et juger de la dimension de la propriété en allant jusqu’au kiosque, malheureusement très délabré. En reprenant la rue du château vers le village, on passe devant les vestiges : le colombier, la grande maison avec ses tourelles. En s’arrêtant aux marronniers et en tournant le dos au château, on peut imaginer les allées partant de celui-ci.
Le circuit se termine en revenant par l’allée vers l’église, maintenant allée Bossuet.